« Pourquoi ce blog ? | Page d'accueil | Etoffons ensemble... »
01.12.2006
Un peu d'histoire : la ZEP de Châteauroux à travers les âges
La ZEP de Châteauroux existe depuis la fin des années 80. Elle est composée du collège Saint-Jean, muni de sa SEGPA, autour duquel gravitent quatre groupes scolaires (maternelle + élémentaire) : Buffon, Charbonnier, Frontenac et Michelet. De nombreuses actions très ambitieuses y ont été montées, des opéras, des performances artistiques, des échanges avec des écoles européennes...
Néanmoins, les évaluations nationales (CE2 et 6ème) récentes ne sont pas bonnes.
Il y a quelques années encore, on ne voyait pas de classe dépasser les 20 élèves, il y avait un enseignant supplémentaire dans chaque école. Seuls "vestiges" de cette glorieuse époque : une enseignante spécialisée dans la maîtrise de langue qui partage son temps entre les quatre maternelles, et un enseignant estampillé "arts visuels", qui travaille avec toutes les classes sans exception (soit une bonne quarantaine).
Bien sûr, il nous reste encore quelques enseignants blanchis sous le harnais qui rappellent doctement et l'oeil humide ces époques glorieuses où ils domptaient sans efforts des cohortes de près de 30 charmants bambins sages comme des images. Ces époques où chaque école était pleine comme un oeuf, avec au moins deux sections de chaque niveaux, disposition idéale pour le travail d'équipe.
Plus rien à voir de nos jours. Les effectifs ayant fondu, chaque école a vu ses classes fermer l'une après l'autre et se retrouve confinée avec ses 5 ou 6 classes d'au moins 20 élèves. Pas un CM2 n'est en dessous de 25 cette année. Il y a même des CP à 25.
Les élèves se suivent et se côtoient durant toute leur scolarité, sauf quand ils parviennent à quitter le quartier. Des problèmes de violence, des problèmes sociaux, familiaux se posent. Il n'est pas rare dans une classe d'avoir un ou plusieurs élèves suivis en hôpital de jour.
Ce qui explique peut-être que les fameux résultats évoqués au-dessus ne soient pas bons. Et ont eu pour suite logique l'entrée du quartier dans le réseau Ambition et réussite.
20:00 Publié dans Châteauroux | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ZEP, écoles, collège, Indre


Commentaires
Amis castelroussins, je tiens à vous féliciter pour ce blog constructif et pedagogique. Habitant dans une banlieue connue de ma ville et cotoyant des enfants pour les aider à faire leurs devoirs, je peux vous dire que le constat est alarmant. Honnetement, a l epoque lorsque j etais en cm2, j en savais plus qu un eleve de ce1 aujourd'hui.
Les enfants que je soutiens sont pour la plupart d'origine etrangere, ne nous voilons pas la face, et leurs difficultés vient du fait que leurs parents maitrisent mal notre langue. La politique des ZEP a ete une catastrophe, on a nivelé par le bas pdt des années en achetant la paix sociale, on a prefere instaurer la methode globale alors que les gosses ne comprennent ni ce qu ils lisent, ni ce qu'ils ecrivent. Par consequent, le pb n est pas seulement social , il est aussi psychologique et moral. Depuis tant d'années nos banlieues ont ete "sacrifiées" parce que nos responsables politiques ont eu peur de regarder la verité en face, et nous avons vu ce que cela a donné en novembre 2005.
Bien a vous, Christophe!
Ecrit par : Christophe | 02.12.2006
Ces propos me semblent bien décourageants en effet. Soyons plutôt constructifs et au lieu de nous lamenter sur les erreurs passées, voyons ensemble ce que nous pouvons faire pour améliorer la situation...
Ecrit par : pageline | 02.12.2006
Tout à fait, c'est la raison pour laquelle nous devons changer la conception politique des zones d' éducations prioritaires, en demandant plus aux enfants qui en ont moins pour qu'ils puissent voir s'ouvrir un jour les portes de" l'ascenceur social"
. Dans une Republique comme la notre, tous les enfants ont le droit d'espérer à un avenir meilleur. Pour cela, donnons en leur les moyens en exigeant de leur part plus d'efforts.
Il est plus facile de reussir dans le centre ville que dans la périphérie. Cette idée la doit définitivement disparaitre.
Ecrit par : Christophe Léonard | 02.12.2006
Hello,
Mais finalement n'est-il pas normal d'en savoir un peu plus au CM2 qu'au CE1 ??? Sans doute une petite faute de frappe ;-)
Pour revenir sur le sujet, et puisqu'il est tout de même utile de regarder en arrière parfois... non pas pour se décourager mais pour regarder ce qu'il y avait aussi de bon, je ne peux donc m'empècher de constater une chose interessante.
Mon père, enfant de la campagne, est allé au collège et lycée, en internat.
Ma mère, enfant de la montagne, est allée au collège et au lycée en internat.
Les parents de mon amie, tous deux enfants de la ville, sont allés au collège et au Lycée en internat.
Tous ont reçu une éducation, très classique, certes un peu vissée, mais surtout avec des connaissances très solides (bien plus que les miennes par exemple) et un ensemble de valeurs qui font un peu défaut dans notre société aujourd'hui.
A l'heure de repenser ou non la carte scolaire, de s'interroger ou non sur la nécessite de mixité sociale, ne pourrait-on pas réfléchir sur ce concept d'internat, dans lesquels par exemple :
- la mixité sociale pourrait être organisée,
- l'accompagnement personnalisé pourrait être mis en place pendant et en dehors des cours,
- la rupture avec "les mauvais exemples" donnés par les "grands frères" des quartiers pourrait être pratiquée.
- l'encadrement et l'accompagnement vers des règles de la vie en société en général et en France en partuclier pourrait être organisés.
- les inégalités dûes aux origines ou aux moyens des parents pourraient être estompées.
...
Il y a là, il me semble une piste à étudier, non ?
Ecrit par : J | 13.02.2007
Ecrire un commentaire